dimanche 7 février 2016

Métaphysique des tubes d'Amélie Nothomb

Métaphysique des tubes

Edition : Thélème (2012)
3h15

Résumé : Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante.
L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant...
Avec cette " autobiographie de zéro à trois ans ", la romancière de Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.


Chronique


Mon premier Amélie Nothomb fut Stupeur et tremblements, qui était resté, jusqu'à présent, mon préféré. Les autres livres de cette auteure que j'ai pu lire m'ont tous moyennement emballée, généralement à cause d'une fin qui me semblait tombée comme un cheveu sur la soupe, si elle n'était pas tout simplement inexistante.

Métaphysique des tubes réunit ce que j'aime chez Nothomb, sans les défauts habituels que je lui reproche. Il est drôle, léger, original (une auto-biographie de ses 0 à 3 ans, c'est clairement un concept non exploité auparavant), cynique. Ce n'est absolument pas réaliste, mais là n'est pas l'intérêt du livre. Il y a cette découverte du monde par un enfant, avec l'innocence et la magie que cela implique, mais aussi avec lucidité, pertinence, à travers un regard sagace et ironique. Le livre est traversé de moments de grâce, de beauté, mais aussi d'horreur, de jubilation. Certains passages sont truculents. C'est un roman qui parle de la vie, et qui en parle bien. Je l'ai trouvé très juste, dans le ton, malgré, peut-être même grâce à, sa fantaisie, son irrationalisme. Il s'éloigne du réel pour mieux l'évoquer. C'est un roman court, mais qui aborde de nombreux sujets et invite à la réflexion, parfois, à la vie le plus souvent, le plus simplement.

Pour évoquer le format audio, il s'agissait de ma première fois. C'était un peu étrange, au départ, d'entendre une voix me raconter l'histoire, plutôt que de la lire. Mais ce livre s'y prête bien, avec réellement l'impression d'entendre le récit auto-biographique d'une personne qui se confierait. C'était une expérience intéressante. La voix d'Elodie Huber est très agréable.


Merci à Babelio et aux éditions Thélème pour ce très bon moment d'écoute et de littérature.


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